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Un premier roman avec pour cadre l’Equateur

Sven Pagot a vécu pendant vingt ans en Equateur. Guitariste de jazz manouche, compositeur, parolier, arrangeur, acteur, chanteur, accoucheur de textes variés, il a écumé la scène musicale de l’Equateur avec une dizaine d’albums à son actif. Il connaît donc parfaitement le monde interlope de la musique et tout autant la culture équatorienne.

Dans son premier roman « Le Cirque Boulonné », il nous propose le road trip atypique de deux « pickpockets musicaux », bien décidés à abandonner leur insupportable quotidien et à disparaître des radars de la civilisation occidentale. Après un premier fait d’armes à Paris grâce à une note « paralysante », les deux musiciens entament un voyage sans retour vers le Sud. S’ensuit une trajectoire hasardeuse et sanglante. La séduction réelle qu’exerce le livre provient de la passion musicale de Hugo – le narrateur -, véritable anti-héros tragique et misanthrope des temps modernes. Il se perdra physiquement et moralement dans les méandres des lieux qu’il traversera, pour arriver là où il DEVAIT arriver.

Qui ne connait pas l’Equateur aura envie de se rendre sur cette plage de sable gris, face au Pacifique, lieu du dénouement. Là vivent des « sans couleurs » oubliés par l’histoire, mais encore une fois rattrapés par la colonisation, celle, sans aucune loi, des narcotrafiquants.

 

Écrivain, c’est la suite de musicien ?

Pas vraiment. Lorsque j’étais étudiant j’écrivais des nouvelles et je tapais le bœuf avec d’autres musiciens sur les quais de Seine. A la même époque, j’imaginais aussi les paroles et les mélodies de mes premières chansons. Texte et musique ont toujours fait bon ménage dans ma vie. « Le Cirque Boulonné » en est la continuation. C’est un roman sensoriel, truffé de sonorités, d’odeurs et d’images, un bouquin à lire mais je l’espère, aussi à voir, sentir et écouter.

Quel a été le déclic ?

L’écriture m’accompagne depuis l’enfance. Le vrai déclic a été la « mise à mort » de mon roman, c’est-à-dire sa parution. Je m’explique : si je ne me décidais pas à envoyer mon manuscrit à des maisons d’édition et si Les Editions des Mots qui Trottent » n’avaient pas accepté sa publication, je serais encore là à le rafistoler pour une énième fois. Pour que mon livre voie le jour, j’ai dû faire le deuil de mon texte.

Comment est née l’idée de ce premier roman ?

Je suis parti de « Taxi jazz » une nouvelle que j’avais écrite il y a une vingtaine d’année, qui se déroule en quelques heures ; puis j’ai commencé à tisser un avant et un après, à imaginer des endroits, des personnages secondaires, à épaissir le profil psychologique de mon narrateur. S’il est vrai qu’Hugo est un type moralement cramé au début du livre, ses rencontres et déboires le grandiront, l’ennobliront au fil des jours. Le « Cirque Boulonné » est aussi l’histoire d’une métamorphose et d’une échappée folle vers un possible paradis terrestre.

Que voulez-vous transmettre à travers ce livre ?

Avant tout une belle histoire, originale, bien rythmée et ficelée, imprégnée de magie, à une époque sans pitié où le système néolibéral a acquis un pouvoir de désintégration des individus sans précédent. Hugo est un type assez banal, noyé dans la petite classe moyenne des banlieusards. Ses états d’âmes, ses questionnements permanents, sa causticité, l’empêchent de poursuivre un bonheur factice. Il en est profondément malheureux. Prenant conscience de l’endormissement progressif de ses sens et de l’état de soumission dans lequel il vivote, il décide un jour de tout larguer pour renaître et devenir humain.

Quelle image pensez-vous donner de l’Equateur ?

Une image assez crue, à la fois réaliste et magique, celle qui me reste après tout le temps que j’ai passé là-bas. Après la lune de miel initiale des premiers mois, qui m’a fait tout idéaliser – même l’atrocité des histoires que j’ai entendues ou vécues de-ci de-là -, j’ai fini par atterrir. Bien sûr, dans « Le Cirque Boulonné », on goûte la délicieuse gastronomie de la côte équatorienne, on écoute à la sauvette les ritournelles musicales du Pasillo, un rythme à trois temps, parfait pour se saouler et refaire le monde, on découvre les agencements contrastés de Quito. Mon narrateur a une vision très esthétisante de la laideur de certains espaces urbains. Les descriptions qu’il fait de villes comme Santo Domingo ou Esmeraldas sont exagérément apocalyptiques. D’ailleurs, tout au long du roman, Hugo voit les villes comme des ectoplasmes, des machines à broyer et digérer les espérances de leurs habitants. C’est hors et loin des villes qu’Hugo parvient enfin à trouver la paix intérieure : à Same, village de pêcheurs au bord du Pacifique, ou dans la magnifique forêt des nuages qui enveloppe le village de Mindo.

Racontez-nous comment vous écrivez

J’ai réécrit plusieurs fois ce roman, au passé, au présent ; j’ai changé de narrateur, supprimé des chapitres entiers, en ai rajouté d’autres. Cependant, je crois qu’après la publication du « Cirque Boulonné », quelque chose s’est libéré en moi. J’espère travailler de manière plus fluide et plus assurée dans l’avenir.

Quels sont vos projets maintenant ?

Je suis un peu dans le brouillard, ce qui, je dois l’avouer, est assez stimulant. J’aimerais trouver des musiciens sur Paris, refaire du jazz manouche, acheter une maison avec un grand jardin pour y faire un potager. En même temps, je voudrais toute autre chose : voyager, quitter de nouveau la grisaille, quitte à m’exiler pendant encore vingt ans quelque part au bout du monde. Quoi qu’il arrive, je sais que je continuerai à imaginer des histoires et des existences, puis à les enterrer au paradis des mites : dans des bouquins posés sur de pesantes étagères, au milieu de leurs frères, pour (j’espère) donner une joie fugace à mes lecteurs.

 

 

Deux personnages, musiciens de jazz. Le premier très coloré, 38 ans, rebaptisé Hugo, 1m78, plutôt beau gosse, type caucasien. Le second 36 ans, Federico alias Fred, 1m91, costaud, crépu, front interminable avec poches sous les yeux, sans couleur. Les premiers pickpockets musicaux de l’histoire. Leur quotidien c’est l’éternel recommencement, la roue de la vie. De jour en jour, ils filent tout droit aux places de la mairie des patelins traversés. Valse, picole et rigolade. La trilogie provinciale. Le boulot de musicos-tapeur c’est pour le jambon-beurre, la vodka, le chichon et les filles. Alors pourquoi pas un vol chez des châtelains ?

LE CIRQUE BOULONNÉ : ISBN 979-10-97325-23-7 – 280 pages – 13 €
www.desmotsquitrottent.fr/produit/le-cirque-boulonne
contact@desmotsquitrottent.fr

 

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