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Laisser le pétrole sous terre : la fin d’une belle idée (Yasuni)

 

Le Parc Yasuni (source : wikimedia commons)
Le Parc Yasuni (source : wikimedia commons)

L’initiative YASUNI ITT* est un projet qui remonte à 2007, d’abord initié par la société civile équatorienne puis repris par le gouvernement, qui consistait à ne pas exploiter le pétrole contenu dans une zone protégée de l’Amazonie équatorienne en échange d’une contribution financière par les pays développés. Pour que le projet soit viable, l’Equateur demandait à ce que cette contribution financière représente la moitié des ressources financières que le pays aurait pu gagner en exploitant ce pétrole, soit 3,6 milliards de dollars. Une sorte de reconnaissance de la dette écologique historique des pays ayant le plus pollué par leur industrialisation.

Laisser le pétrole sous la terre

Partant du postulat que l’exploitation pétrolière du parc provoquerait immanquablement des dommages écologiques importants, l’Equateur s’est longtemps fait le défenseur de cette initiative, évoquant un souci de préservation de la biodiversité, de respect des populations indigènes et de limitation des émissions de CO².

Localisation du parc Yasuni source wikimedia commons)
Localisation du parc Yasuni (source wikimedia commons)

Car Yasuni est avant tout un parc national qui se situe à l’Est du pays. Longeant la frontière péruvienne, il a rejoint en 1989 le patrimoine mondial de l’UNESCO, classé comme « réserve mondiale de l’Homme et de la biosphère ». Il est réputé pour son exceptionnelle biodiversité et être le lieu de vie de nombreuses communautés amérindiennes. Dans un hectare du parc Yasuni, on a pu distinguer 644 variétés d’arbres.

Oui, mais malheureusement pour lui, il abrite un gisement de pétrole représentant 20% des réserves du pays avec 846 millions de barils.

« Laissons le pétrole là où il est » pour protéger la biodiversité de cette région et les cultures amérindiennes. Voilà comment on pouvait à gros trait résumer l’initiative Yasuni ITT.

Les ONG prédisent que les impacts de l’activité pétrolière dans le parc seront entre autres la pollution, la déforestation, la destruction du tissu social etc…De plus, elle rappellent que le pétrole qui pourrait être tiré du parc Yasuni équivaut à seulement 10 jours de consommation mondiale d’hydrocarbure. Alors, cela vaut-il la peine d’exploiter cette région pour si peu ?

Un fonds financier crée en 2010

Les autorités équatoriennes avaient créé en 2010 un fonds financier avec l’appui de l’ONU. Près de 300 millions de dollars ont été promis. Les contributions sont venues d’Équateur, mais également et surtout du monde entier: remise de dette de l’Italie s’élevant à 51 millions de dollars, donations d’un million d’euros de l’Espagne, de 100.000 euros de la région Ile-de-France, etc. De grands mécènes, tels que Coca-Cola, Unilever ou l’Oréal, se sont également investis dans le projet.

Il était par ailleurs prévu que le capital du Fonds Yasuni-ITT soit investi dans les énergies renouvelables, hydraulique, géothermique, éolienne ou solaire. Les intérêts du fonds, quant à eux, devaient financer l’évitement de la déforestation, la conservation des zones protégées, la reforestation.

Pourtant, seuls 13 millions de dollars ont été versés sur le compte Yasuni ITT, soit 0,37% des besoins estimés. On est resté très loin des 3,6 milliards nécessaires pour mettre en oeuvre le projet. Voilà qui a amené le président Correa à mettre fin au projet le 15 août 2013, l’obligeant à prendre l’une des « décisions les plus difficile de [son] gouvernement », ajoutant, « le monde nous a lachés ».

La fin d’une utopie ?

Partant d’une bonne intention, le projet avait pourtant été très bien accueilli à son lancement, suscitant une adhésion assez large parmi la société civile et même les politiques de tous pays. Mais, devant la complexité du montage du projet, notamment financier, devant les innombrables difficultés pour transformer l’utopie en réalité, les critiques se sont peu à peu faits jour.

Pour et Contre…

Pour les défenseurs du projet, et notamment Matthieu Le Quang, doctorant en science politique à l’IEP d’Aix en Provence, l’initiative Yasuni ITT permettait « d’asseoir des bases solides pour une croissance économique qui ne dépendra plus du sacrifice du patrimoine naturel du pays. […] et d’articuler la justice sociale et l’urgence écologique avec un modèle d’accumulation et de génération de la richesse basé sur le respect des droits de la nature, l’équité sociale et l’utilisation de manière soutenable des ressources ».

A contrario, d’aucuns estimaient qu’il s’agissait d’une fausse bonne idée puisque pour être efficace et peser sur la consommation mondiale d’hydrocarbures, le projet aurait dû être dupliqué à grande échelle, dans d’autres pays pétroliers. Alors, les demandes de rétribution financière pour non-exploitation seraient tellement importantes qu’elles en seraient devenues prohibitives. De plus, les détracteurs de l’initiative l’assimilait à une forme de « chantage écologique » auquel il conviendrait de ne pas céder.

Loin des jeux politiques internationaux, le projet Yasuni ITT n’en demeurait pas moins une initiative innovante, qui avait le mérite de proposer des solutions concrètes pour la réduction des gaz à effet de serre et un développement économique alternatif.

Le pragmatisme a gagné et le gouvernement équatorien a promis d’utiliser les fonds d’une probable exploitation pétrolière pour réduire la pauvreté en Equateur et investir sur la santé et l’éducation. Au final, il est difficile de savoir s’il sagit là d’une mauvaise nouvelle.

 

*Yasuni-ITT (sigle venant du nom des trois forages d’exploration qui se trouvent dans le parc Yasuni : Ishpingo-Tambococha-Tiputini)

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Un commentaire

  1. Quel dommage ! Une vraie bonne idée qui s’envole. Et le désert avance…

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