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Le premier polar équatorien traduit en français

« J’aimerais prendre un nouveau cap, oublier ce que signifient couper au bistouri, mesurer, peser et recoudre. »

Alfredo Noriega a étudié en France, où il vit depuis 25 ans. Il détient un diplôme en linguistique de la Sorbonne Nouvelle Paris III. Il a écrit des poèmes et des pièces de théâtre et ses articles ont été publiés dans des revues et des anthologies.

Avec «Mourir, la belle affaire», Alfredo Noriega procède à l’autopsie d’une capitale méconnue, qu’il dissèque dans sa géographie et dans son coeur… Mais Quito n’est pas New York, et Noriega transcende à sa manière singulière les thèmes chers au romans noir – injustice sociale, corruption, et fatalité du destin – porté par une écriture dense et magnétique. Ce polar crépusculaire, où s’invitent même quelques vers de Borgès, cultive avec grâce les fleurs du mal. (François Lestavel – Paris-Match, novembre 2013)

Équateur, Quito, 2 850 mètres d’altitude. Arturo Fernandez, médecin légiste, subtil et mélancolique observateur, raconte l’histoire de María del Carmen. Seule rescapée d’un accident de voiture, elle a promis à l’inspecteur Heriberto Gonzaga de l’épouser s’il retrouvait les chauffards. Mais peu de temps après, la jeune fille se suicide.

Arturo parle aussi de Paulina et de tous ces anonymes d’une cité ceinturée de montagnes et de volcans, fragilement bâtie sur des collines sillonnées de ravins. L’enquête de l’inspecteur avance pourtant et tous ces récits peu à peu s’entrecroisent, tissant le tableau d’une ville violente, indifférente, passive devant l’injustice sociale, le destin et l’acharnement de la nature. Un lieu où la mort est quotidienne et sans autres conséquences qu’intimes et tragiques pour ceux qu’elle frappe.

Extrait

Préambule

Qui suis-je et où vais-je ? me demandais-je lorsque j’avais 8 ans. Je me suis posé la même question à 16 ans. Je me la suis à nouveau répétée à 28, tandis que je terminais mes études de médecine en vue de ma spécialisation. Cela a-t-il un sens de passer sa vie à se poser ce genre de questions ?
Chaque matin, je me lève et quelque chose se brise en moi. Je passe mon temps enfermé dans une salle d’autopsie, éclairé par des lampes au néon, entouré de faïence et d’aluminium. Dans cet univers strident, la vie est-elle en train de me filer entre les doigts ou bien est-ce là que je gagne le droit d’être en vie ?
Quelqu’un m’a dit un jour son admiration pour la science que je pratique. Mais, à quoi rime-t-elle ? A donner aux vivants des raisons de redouter ce qui, de toute manière, les attend ? Cette science, la mienne, revient peut-être simplement à accepter que ma vie prenne sens au milieu des morts que j’examine.
A une autre époque, j’en aurais parlé à ma mère, mais elle est morte, renversée par une voiture. C’est moi qui ai constaté son décès. Il ne me reste que les échos de ses paroles. Mon père a disparu, il ne veut plus rien savoir de personne. Mon frère est ailleurs, il se cherche. Quelle part de responsabilité ont-ils dans ce qu’il m’arrive ? Est-ce ce pays qui m’a obligé à exercer ce métier ?

J’aimerais perdre mon infaillible dextérité. Personne ne me comprend quand j’en parle, mais devons-nous nous comprendre ? J’aimerais oublier ce que signifient couper au bistouri, mesurer, peser et recoudre ; prendre un jour un nouveau cap. Je sais et je l’admets, ce sont bien là des accès d’un romantisme de pacotille, mais que me reste-t-il si ce n’est imaginer à quel point la vie des autres est agréable, avec leurs petites interrogations, leurs douleurs passagères. Du haut d’une espèce de fin du monde, je regarde les paysages qui existent encore, la mer déchaînée, la ligne de crêtes, violette tout à coup, une photo de famille sur laquelle chacun sourit, sans savoir que bientôt tous seront morts. C’est cette innocence quotidienne face à l’ultime destin qui me surprend toujours.

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Au moment de l’impact, la Subaru s’élève, sans le moindre respect pour les lois de la gravité. Un Cherokee vient de la heurter au niveau de la jante arrière droite et la seule chose que puisse alors imaginer la Subaru c’est de se détacher du sol, de s’envoler, l’espace d’un instant.
Mariana est seule sur le siège arrière et elle a vu le Cherokee arriver sur eux. Durant ces quelques secondes, plusieurs images de sa vie, mais aussi le visage de son petit ami Enrique, se bousculent dans sa tête. Le plus probable en fin de compte, se dit-elle, c’est qu’il se marie avec Genoveva, étudiante en deuxième année d’architecture, aux longs cheveux bouclés, aux yeux verts et à la peau douce, son genre de femme. Voilà pourquoi, lorsqu’ils arrivent au pied de la Subaru, immobile désormais, les premiers témoins découvrent Mariana le crâne ouvert et un sourire aux lèvres.

 

Mourir, la belle affaire !  d’Alfredo Noriega, traduction de Nathalie Lalisse-Delcourt, en format poche

 

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